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Compte-rendu de la Conférence Annuelle 2014 de l'EPA


30/06/2014, Communiqué de presse

Conférence annuelle de l'Ecole Polytechnique d'Assurances - Auditoire

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La Conférence Annuelle de l’Ecole Polytechnique d’Assurances (EPA) a eu lieu mercredi 11 juin, de 17h00 à 20h00, à Paris au Cercle National des Armées, avec  Luc Ferry (ancien Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche) en invité d’honneur. Elle a été animée par la journaliste et fondatrice du « Projet Imagine », Frédérique Bedos. L’auditoire, composé d’une centaine de personnes, a rassemblé des Présidents, des Directeurs Généraux, des Directeurs Opérationnels et des salariés de compagnies d’assurance, d’institutions de prévoyance, de mutuelles, de cabinets de courtage et de sociétés de gestion. Etaient également présents des professeurs d’Université et des représentants d’associations et de syndicats professionnels, notamment dans les domaines du courtage et de la gestion de patrimoine.

Frédérique Bedos

Introduction de la manifestation

Patrice Dos - Président de l'EPA

La conférence a débuté par un discours du Président de l’EPA, Patrice Dos, dans lequel il a rappelé que l’école (dont les origines remontent à 1830) a toujours eu pour vocation, non seulement de former aux techniques de l’assurance, mais aussi d’anticiper et d’accompagner les changements de société. Tout comme dans les premières années de la révolution industrielle, l’époque actuelle est riche en évolutions, voire en bouleversements, d’où la volonté de l’EPA « d’être à la pointe et précurseur de la société qui est en train de naitre » et d’ « anticiper les changements à venir ».

Jean-Jacques Branche

Jean-Jacques Branche, Directeur Général de l’EPA, a ensuite parlé des valeurs de l’école, qu’il a présentées en les associant à Thucydide, à la pâtisserie et au smartphone. A Thucydide, parce que l’historien grec écrivait : « Avoir des connaissances sans les partager, c’est se mettre au niveau de celui qui n’a pas d’idées ». A la pâtisserie, car l’EPA croit que « le gâteau du savoir est le seul qui grossisse lorsqu’il est partagé ». Au smartphone, car l’Ecole Polytechnique d’Assurances propose, dans son offre, de former en tenant compte de tous les nouveaux modes de diffusion de la connaissance (e-learning, serious games, tablettes, smartphone, etc.), sans pour autant sacrifier à la qualité du contenu de la formation.

La manifestation s’est ensuite poursuivie avec 4 interventions (sur les thèmes du big data, de la finance comportementale, de la relation aux media et de la négociation complexe), entrecoupées d’une table ronde avec les partenaires de l’événement, avant de s’achever sur une conclusion de Luc Ferry, qui a abordé le thème de l’ « innovation destructrice ».

Résumé des interventions

Demain… le Big Data ?

François-Xavier Bois

Amine Benhenni

Ce sont François-Xavier Bois (expert du développement d'applications et de sites web complexes) et Amine Benhenni (Data scientist, Docteur en physique théorique) qui ont inauguré le cycle des conférences en abordant la question du « Big Data ». Voici le résumé de leur intervention : « Le Big Data consiste à recueillir, analyser et exploiter une masse colossale de données, notamment pour faciliter la prise de décision dans l’entreprise. Alors qu’auparavant, l’approche « Top-Down » était privilégiée (la prise de décision, puis son application sur le terrain, était fondée sur la vision - plus ou moins subjective - de la Direction de l’entreprise), le Big Data favorise l’approche « Bottom-Up » (la prise de décision est fondée et motivée par le recueil en temps réel d’informations qui remontent depuis le terrain). Techniquement, la révolution du Big Data a pu avoir lieu grâce à l’élargissement des bandes passantes, ainsi qu’à l’augmentation des capacités de stockage et de la puissance de calcul pour traiter les informations ainsi recueillies. Pour les entreprises, le passage définitif à l’ère du Big Data nécessite de relever 3 défis : briser les silos d’informations (afin de travailler avec toutes les données collectées), rapprocher les métiers (notamment les analystes et les collaborateurs rattachés à la Direction des Systèmes d’Information) pour former de nouveaux profils (comme celui du Data Scientist) et enfin, après avoir recueilli et analysé les données, être capable de saisir les opportunités au bon moment (notamment grâce à l’analyse prédictive) ».

La finance comportementale va-t-elle détrôner l’Homo Oeconomicus ?

Pascal Pineau

La Conférence de l’EPA s’est ensuite poursuivie avec l’intervention de Pascal Pineau, coach, formateur et Maître praticien en PNL. Voici le résumé de son intervention : « La finance comportementale étudie la psychologie des marchés (branche dite « macro »), des groupes d’investisseurs (branche dite « micro ») et des clients individuels (branche créée par Métisse Finance appelée « nano »), en s’attachant à décrire l’aspect irrationnel des comportements (biais cognitifs et émotionnels principalement).Un biais désigne la façon dont les personnes dévient de la rationalité, des études empiriques ayant prouvé que les gens, ignorants ou savants, ne dévient pas de la rationalité de façon aléatoire, mais, au contraire, de façon identique. Contrairement à la théorie de l’efficience des marchés (qui prône la rationalité des marchés, en soutenant, d’une part, que les titres possèdent une valeur objective - appelée valeur « intrinsèque » ou « fondamentale » - et, d’autre part, que les comportements irrationnels des investisseurs, étant aléatoires, ont des effets qui s’annulent les uns les autres), la  finance comportementale affirme que les marchés, les groupes d’investisseurs et les clients individuels, du fait des biais, sont davantage soumis à l’irrationalité qu’à la rationalité. Une des applications du Big Data dans le domaine de la finance comportementale pourrait être d’anticiper des mesures à prendre en s’appuyant sur l’analyse des discussions réseaux (défiance, anxiété des clients...), ou encore de mettre en place une communication adaptée avant la mise en œuvre de ces mesures. La finance comportementale nous rappelle en effet qu’ « on ne travaille pas avec l’argent des gens mais avec des gens qui ont de l’argent »… »

Hors antenne…

Laurent Berthier

Laurent Berthier, co-fondateur et directeur de TF1 Institut, aujourd’hui Média Trainer, a ensuite pris la parole pour parler de la relation aux médias. Voici le résumé de son intervention : « Le media training est un stage rassemblant une ou deux personnes au maximum, destiné à tous les collaborateurs habilités à communiquer au nom de leur entreprise (Directeurs Généraux et Opérationnels, Directeurs et Responsable de la Communication…), et permettant de se préparer à prendre la parole derrière un micro ou face à une caméra. Le media training met les stagiaires dans des conditions réelles d’interviews (studio radio, plateau de télévision, table ronde…), et en présence de journalistes professionnels. L’enjeu est d’apprendre aux stagiaires à transmettre des messages clairs, simples, et associés à une émotion (une des règles du media training est : « un message = une émotion »). Au cours d’un stage de media training, le participant est évalué sur un ensemble de critères rassemblés autour de trois axes : « Savoir » (maîtrise du sujet, pertinence des arguments…), « Savoir-faire » (maîtrise du temps de parole, capacité de transmettre des émotions dans le discours…) et « Savoir-être » (attitude et messages véhiculés à travers le regard, la voix, la posture, la gestuelle, etc.). Cette grille d’analyse est remise à chaque participant à la fin du stage. »

Table ronde

Table ronde

La soirée s’est ensuite poursuivie avec une table ronde intitulée : « Comment regagner la confiance des clients ? ». Les participants à cette table ronde étaient les représentants des quatre sociétés sponsors de la Conférence Annuelle de l’EPA, à savoir :

  • Philippe Giraud (Directeur des relations avec les investisseurs de « GTI AM »)
  • Virginie Degroote (Directrice Associée de « Nexialog Consulting »)
  • Louis-Renaud Margerand (Directeur du Développement de « NAMI – AEW Europe »)
  • Anne-France Gauthier (Directeur de la Distribution de « Tocqueville Finance »)

La table ronde a été animée par Frédérique Bedos et a porté sur le thème de « la recherche de sens dans les actions des investisseurs ».

Au cours des échanges, les principaux thèmes abordés ont été les suivants :

  • Les conséquences de la crise de 2008 sur les investissements (notamment immobiliers)
  • Le développement de la virtualité biaise-t-il ou, au contraire, affine-t-il le sens que l’on peut avoir de la réalité (notamment dans le cadre de la connaissance des clients) ?
  • Les nouveaux modes de financement des entreprises suite à la défection des banques
  • Les effets et les risques de la mondialisation pour les investisseurs

La négociation complexe

Laurent Combalbert

Laurent Combalbert, diplômé de la National Academy du FBI, et ancien officier-négociateur au sein du RAID, a ensuite pris la parole pour traiter du thème de « La négociation complexe en entreprise ». Voici le résumé de son intervention : « La méthode de négociation complexe élaborée et transmise aux dirigeants d’entreprise par le biais d’une Master Class proposée par l’EPA est issue de l’expérience « terrain » des formateurs. Laurent Combalbert, formé à l’Academy du FBI et ancien officier du RAID, négocie régulièrement des prises d’otages face à des terroristes, tandis que Marwan Mery, son associé, avec lequel il co-anime les sessions de formation, est expert dans la détection du mensonge. Aujourd’hui, l’entreprise est un terrain privilégié pour mener des négociations complexes (opérations de rachat, conflit entre patrons et syndicats, etc.). Un négociateur expert doit cultiver et développer 3 types de performances : sa performance relationnelle (afin d’engager une relation d’empathie - et non de sympathie - à l’égard de son interlocuteur), sa performance collective (notamment pour repérer les différentes figures en présence et s’intégrer de façon harmonieuse au sein de cette constellation d’acteurs) et sa performance personnelle (un bon négociateur doit notamment apprendre à se reposer et bien dormir pour être performant dans ses négociations). Les principes de la négociation complexe transmis par Laurent Combalbert ont été synthétisés au sein de la méthode PACIFICAT© qui passe par neuf étapes : 1) Pouvoir(s) et négociation 2) Analyser le contexte 3) Cartographier les acteurs 4) Identifier la stratégie 5) Former l‘équipe 6) Influencer pour convaincre 7) Clôturer la négociation 8) Apprendre de l‘expérience 9) Transmettre le savoir ».

Conclusion de Luc Ferry

Luc Ferry

La Conférence Annuelle de l’Ecole Polytechnique d’Assurances (EPA) s’est achevée par une intervention de Luc Ferry, portant sur la thématique de son dernier ouvrage, intitulé : L’innovation destructrice. Voici le résumé des propos de Luc Ferry : « En schématisant, depuis la deuxième moitié du XXème siècle jusqu’à nos jours, deux théories économiques se sont affrontées, celle de Keynes et celle de Schumpeter. La thèse principale de Keynes est que pour relancer et soutenir l’activité économique, l’Etat doit intervenir, notamment pour rehausser le seuil des plus bas salaires (les plus pauvres peuvent ainsi consommer, donc inciter les entreprises à produire, lesquelles en viennent alors à créer des emplois). Jusque dans les années 1980, un très grand nombre de politiques occidentaux, de gauche comme de droite (notamment en France), étaient keynésiens. Cependant, le grand inconvénient de la théorie de Keynes est qu’on ignore quelle est la limite maximale jusqu’à laquelle on peut pousser le seuil du salaire minimum : 2 000 euros ? 3 000 euros ? 10 000 euros ? 50 000 euros ? La théorie de Keynes a fini par échouer et être abandonnée, justement parce que l’on était dans l’incapacité de fixer une limite à l’engagement de l’Etat qui, en outre, par son interventionnisme « providentiel » a mis un frein à l’innovation. Or, selon Schumpeter, c’est l’innovation et le progrès technique qui sont les moteurs de l’économie. C’est pourquoi, après avoir été keynésienne, la classe politique est devenue disciple de Schumpeter, en mettant au-dessus de tout l’innovation et le progrès technique. Si l’innovation est absolument nécessaire pour sortir de la crise actuelle, il ne faut pas oublier qu’elle a sa part d’ombre et qu’elle peut se révéler « destructrice » : destructrice d’emplois, de savoir-faire et de métiers, de traditions (par le bouleversement des comportements et des modes de vie qu’elle entraîne), contribuant ainsi à déboussoler la société bien au-delà du simple domaine matériel et marchand. L’innovation recherchée pour elle-même est également dangereuse car, en portant aux nues la « nouveauté », le « nouveau », elle atrophie la faculté de discernement des êtres humains, qui en viennent à ne plus savoir distinguer le superflu de l’essentiel. Il faut donc, certes, savoir innover et entreprendre pour rester compétitif au niveau mondial, sans cependant oublier certaines valeurs fondamentales (d’ordre éthique, comme les valeurs républicaines) qui ont fait et continuent de faire de l’Europe l’une des civilisations les plus avancées pour l’épanouissement de l’Homme ».

Cocktail

La Conférence Annuelle de l’EPA a été suivie d’un cocktail où dirigeants de l’EPA, intervenants et membres de l’auditoire ont pu échanger.


Ecole Polytechnique d'AssurancesL'Ecole Polytechnique d'Assurances, dont la vocation originelle est l'éducation générale et professionnelle de l'homme,  a été créée dans un esprit humaniste sous le patronage de l'Association Polytechnique fondée en 1830. Aujourd'hui spécialisée dans la formation continue, l'Ecole Polytechnique d'Assurances forme les collaborateurs des grands acteurs du monde de l'assurance, de la banque et de la bancassurance