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L'assurance en 2030


17/09/2018, Article du Livre Blanc « Être assuré en 2030 ! » de l’École Polytechnique d’Assurances (EPA)

L'assurance en 2030 - Louisa RENOUX

Article de Louisa RENOUX, extrait du Livre Blanc « Être assuré en 2030 ! » de l’École Polytechnique d’Assurances (EPA). Ce Livre Blanc est associé au :

 

En 2030, notre espérance de vie aura considérablement augmenté, la nécessité de repenser notre consommation d’énergie aura eu des conséquences majeures sur notre quotidien, l’intelligence artificielle ainsi que la robotisation auront de nombreuses applications dans des domaines variés impactant progressivement et significativement notre société.

« Ce n’est pas la plus forte ni la plus intelligente des espèces qui survivra mais celle qui sera la plus apte à changer ».

Cette citation de Charles Darwin qui nous est destinée serait tout aussi pertinente pour le modèle de l’assurance et ses principaux acteurs. En effet, dès 2030, de nombreuses branches historiques de l’assurance seront transformées. L’assurance automobile avec l’arrivée des véhicules autonomes ne porte plus sur les conducteurs mais les structures mettant à disposition ces véhicules.

Les frais de soins auront fortement baissé compte tenu des stratégies de prévention publiques et privées lancées au niveau national mais aussi local, avec notamment le renforcement de la recherche, le port d’objets connectés dans les vêtements et sur la peau qui renseignent et préviennent en temps réel chaque porteur sur l’évolution de ses risques majeurs. La domotique aura envahi les espaces privés et publics, les équipements de télésurveillance seront désormais proposés par les assureurs et le niveau de dommages aux biens sera fortement réduit en conséquence.

Avec une population vieillissante, les assureurs ont dû adapter leur offre en concluant des partenariats d’assistance afin de fournir notamment la domotique et les robots les mieux adaptés aux besoins des personnes âgées qui choisissent désormais les conditions de leur fin de vie.

De nouvelles garanties afin d’indemniser les propriétaires et utilisateurs de robots en cas de (bug) défaut de fonctionnement ont vu le jour, les seuils s’adaptent en fonction des montants en jeu….

Avec le développement du viager assurantiel, les personnes âgées gardent l’usage de leur appartement et bénéficient des services et soins dont elles ont besoin lorsqu’elles n’ont pas d’accès à des établissements spécialisés.                   

Le contrat est dématérialisé et distribué en quelques clics sur son téléphone ou via des bornes couplées et partagées avec les agences bancaires qui se font de plus en plus rares.

La mutualisation des risques se fait via des communautés de risques homogènes et n’est totale que sur les segments où les Etats ont décidé d’intervenir afin de permettre à chaque citoyen d’être assuré, c’est le cas des risques liés aux maladies génétiques et rares. Les maladies chroniques sont mieux maitrisées avec le renforcement de la prévention pour les plus jeunes mais l’intervention des pouvoirs publics devient indispensable pour assurer les populations sur ces risques à des tarifs raisonnables et pallier à un problème éthique qui prendra de l’envergure aussi..

Malgré les progrès impressionnants en matière de prédiction et notamment celle de la météo, le risque climatique reste fort et les montages en réassurance toujours plus complexes. Des garanties spécifiques liées aux catastrophes naturelles apparaissent, des bonus sont prévus au regard des engagements tenus en matière de politique environnementale.

Des assurances lowcost avec une mutualisation plus forte font leur apparition dans certains pays en voie de développement et font réfléchir le vieux continent européen sur la nécessité de réactiver ce mécanisme de manière plus large afin de réduire la discrimination, les inégalités et les risques de guerre.

Mais qui seront les acteurs de ce marché en 2030 : des assureurs traditionnels qui auront réussi leur  mutation ? Des banques ? Des insurtech ? Des fintech ? Des assisteurs ?... ou les GAFA qui ont déjà pris une large longueur d’avance en matière d’intelligence artificielle ?  A suivre …

 


Spécialiste de l’assurance s’étant intéressée au modèle mutualiste basé sur l’utilité sociale, Louisa RENOUX est membre du Comité Scientifique de l’École Polytechnique d’Assurances. Passionnée par la pédagogie, l’innovation et les nouvelles technologies, Louisa RENOUX est également engagée pour la promotion des femmes dans la société et la progression de l’égalité hommes-femmes.