logo
image3

Être assuré en 2030 ne sera pas plus différent qu'être assuré en 2017


08/09/2018, Article du Livre Blanc « Être assuré en 2030 ! » de l’École Polytechnique d’Assurances (EPA)

Article de Nicolas MERIC, extrait du Livre Blanc « Être assuré en 2030 ! » de l’École Polytechnique d’Assurances (EPA). Ce Livre Blanc est associé au :

 

Ce ne sera pas très différent parce que le rôle de l’assureur sera toujours le suivant : être présent pour faire face au risque lorsque celui-ci survient. Hormis un effondrement global du secteur de l’assurance, l’assureur sera toujours présent aux côtés de l’assuré dans les moments difficiles.

Néanmoins, le contexte aura notamment changé.

Tout d’abord, il est probable que le secteur de l’assurance aura été véritablement digitalisé, le parcours de l’assuré sera plus fluide, plus orienté sur le mobile, la voix, les nouvelles façons d’interagir numériquement.

Une grande partie de l’interaction se fera au travers de robots, le conseiller humain sera probablement moins présent dans tous les aspects de la gestion. Néanmoins l’humain sera au centre lorsque l’assuré fera face à un sinistre. Moins pour les petits sinistres mais plus lorsque l’assuré aura besoin de compassion et d’une compréhension plus fine.

L’expérience utilisateur sera véritablement un enjeu pour l’assurance, l’assureur sera plus tourné vers le client particulier, bien qu’il assurera beaucoup plus les entreprises qu’il n’assurera les clients particuliers, pour qui l’assurance sera inclue aux biens qu’ils consommeront.

L’assuré sera beaucoup moins propriétaire, les automobiles seront vraisemblablement autonomes et possédées par de grandes corporations, il n’y aura donc plus besoin d’assurer sa voiture, probablement moins d’assurer sa responsabilité.

On s’assurera toujours contre l’aléa, moins contre le risque dans ce type de contexte qui seront de mieux en mieux maîtrisés.

Portée par l’intelligence artificielle, la personnalisation sera plus importante et des services innovants autour de la prévention, s’appuyant sur des capacités prédictives toujours plus poussées, émergeront.

Ainsi l’assureur sera un fournisseur de services et son rôle sera d’accompagner, en amont, les changements majeurs de la vie d’un assuré. Nous ne serons pas exempts de sinistres mais une partie des petits sinistres ne seront plus la préoccupation de l’assuré.

En santé, nous serons toujours malades, mais du fait de la prévention, les maladies interviendront plus tard, et elles seront probablement plus spectaculaires lors de leur survenance ce qui posera un casse-tête aux assureurs.

En même temps, de nombreuses maladies seront désormais chroniques et l’assureur devra proposer des services pour accompagner les assurés tout au long de leur vie. Portée par l’émergence de Crispr, de nouveaux traitements moins onéreux auront été découverts pour des maladies aujourd’hui coûteuses à soigner ou à accompagner.

Le dépistage précoce sera la norme, ce qui réduira aussi certains coûts de traitement.

Les modèles ‘on-demand’ (as you, when you, how you) auront intégré pleinement les habitudes des assurés ainsi que les modèles paramétriques. La blockchain et l’intelligence artificielle ainsi que l’IOT seront des éléments clés de ces modèles.

Finalement, les grosses catastrophes notamment en lien avec l’évolution du climat seront plus fréquentes. Tout cela fera augmenter la prime mais les niveaux d’automatisation du back-office plus importants pourront réduire une partie des coûts de gestion et un équilibre pourra être atteint à long terme.

L’assurance devra évoluer avec ces défis en gardant l’humain au cœur de son modèle pour toujours mieux l’accompagner, car celui-ci sera plus volatil du fait d’une régulation qui favorisera de plus en plus le changement d’assureur, la pression des banques et des gafas, des BAT ou nouveaux acteurs du numérique.

 


Nicolas MERIC a fait naître l'idée de DreamQuark durant sa thèse en physique des particules à l'Université de Paris-Diderot. Ses travaux l'amènent à investiguer et expérimenter de nouvelles approches basées sur l'apprentissage profond (Deep Learning) qui lui permettent de résoudre les problèmes qu'il rencontre avec des résultats remarquables. Nicolas MERIC réalise alors que cette technologie pourrait révolutionner la façon dont les entreprises traitent leurs données au quotidien s'il parvenait à la sortir du monde académique et la rendre accessible aux experts métiers dépourvus de formation en Data Science.