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Être assuré en 2030


09/09/2018, Article du Livre Blanc « Être assuré en 2030 ! » de l’École Polytechnique d’Assurances (EPA)

Être assuré en 2030 - Cécile MÉRINE

Article de Cécile MÉRINE, extrait du Livre Blanc « Être assuré en 2030 ! » de l’École Polytechnique d’Assurances (EPA). Ce Livre Blanc est associé au :

 

Juillet 2017. En gros titre de la page économie, version web bien sûr, d’un quotidien français, je lis : 85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui ! Nos voitures seront–elles électriques, autonomes, partagées ? Nos maisons, connectées ? Travaillerons-nous 35, 60 ou 15 heures ? Quelle sera la place de l’économie du partage ? Que mettrons-nous dans nos assiettes ? Quelles nouvelles maladies seront apparues ? Autant de questions dont les réponses influencent le monde de l’assurance.

Lorsqu’on y réfléchit bien, les débuts de la téléphonie mobile datent des 90s, le Edge et la 3G/3G+ n’ont même pas 20 ans et le 1er Iphone a tout juste 10 ans. Qui aurait pu imaginer alors, il y a 13 ans, que les GAFA (Google Apple Facebook Amazon), et plus récemment les Insurtech, viendraient bousculer les acteurs de l’assurance sur l’ensemble de la chaîne de valeur de leur métier ? Que la quantité de données disponibles aurait augmenté de façon aussi exponentielle ? Que des secteurs entiers se feraient « ubérisés » ? Alors comment imaginer ce que sera d’être assuré en 2030 ?

Les moyens technologiques ne sont plus un frein pour offrir aux assurés un service personnalisé associé à une expérience simple, transparente et fluide. Si le secteur a pris un retard important dans ce domaine, il s’attelle désormais à le combler, notamment sous la pression de nouveaux entrants, réels ou potentiels.

En 2030, j’imagine donc qu’en tant qu’assurée, j’aurai le choix de bénéficier de services dématérialisés disponibles 24/24, qui laissent derrière eux les modes opératoires complexes et fastidieux encore trop nombreux aujourd’hui. Je pourrai converser avec des chatbots et obtenir en temps réel, grâce à des algorithmes intelligents, des informations sur mes remboursements ou des conseils sur mon parcours de soin.

En 2030, je pourrai m’assurer à la carte : au bon moment, pour un besoin très précis et pour le temps strictement nécessaire. A l’instar des premières offres de « pay as you drive » mais aussi des assurances à la demande qui ont vu le jour plus récemment, portées par des Insurtech comme Trov ou Wilov en France. Je ne m’assurerai plus parce que j’y suis obligée mais parce que j’en ai besoin.

En tant qu’assurée en 2030, je serai « connectée » et mon assurance aussi. J’accepterai de partager mes données (santé, conduite, maison…) et bénéficierai en retour de services adaptés, me permettant de réduire mon risque. Je serai encouragée à prévenir plutôt que guérir, grâce à la mise à disposition de programmes de prévention ou de sensibilisation, en amont ou en temps réel, adaptés à mes besoins et à mes comportements. Mon assureur sera un véritable partenaire. Je l’aiderai même à lutter contre la fraude.

En 2030, je n’achèterai plus d’assurance en tant que telle mais j’en bénéficierai en tant que service venant compléter un usage, qui n’existe peut-être même pas aujourd’hui, aussi bien dans ma vie personnelle que dans ma vie professionnelle.

Et malgré tout cela, en 2030, même si les modalités diffèrent, même si les usages modifient ma relation à l’assurance, j’assurerai toujours ma santé, j’assurerai toujours mes biens, je protègerai toujours mes proches et personnalisation rimera avec mutualisation, fondement de l’assurance depuis toujours.

C’est pour accompagner ce mouvement déjà perceptible que je me suis lancée dans l’aventure Otherwise et que j’ai rejoint plus récemment le Comité Scientifique de l’Ecole Polytechnique d’Assurances. Pour, dès 2017, apporter ma contribution à l’édifice, mettre dès aujourd’hui la technologie au service de l’humain et surtout faire prendre conscience que l’assurance peut elle aussi être responsable et solidaire.

 


Actuaire de formation, Cécile MÉRINE a débuté comme consultant en actuariat (Assurance vie), puis a évolué vers des fonctions de Directeur Technique (Chief Actuary), Directeur des Risques (Chief Risk Officer), Directeur Marketing et Produits (Chief Product Officer - tous métiers) et Directeur des Services Clients (Chief Operation Officer - tous métiers). Elle fut membre du Comité Exécutif de SwissLife de 2006 à 2015 et lauréate du Trophée de la femme dans l’assurance en 2013.